Mercredi 18 mars 2009
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On parle, et on parle toujours de ce "projet " d'adoption, de l'enquête qui
y est rattachée, on parle toujours de cette "éventualité" qu'un jour tu seras parmi nous, on parle des dossiers qu'on devra faire pour que tu nous rejoignes, on parle de "tout ce qu'on devra
supporter" à savoir physiquement, ou moralement...Mais jamais nous ne parlons de toi.
Nous vivons les choses de "notre côté de la barrière", on ne souligne que ce sur quoi nous devrons endurer, ce contre quoi nous devrons nous battre, ce sur quoi nous devrons encore et toujours se
justifier, pour avoir "ces papiers", pour obtenir"un sésame", mais jamais nous ne pensons à ce que toi tu devras traverser pour nous rejoindre.
Nous ne savons pas qui tu seras, nous ne savons pas non plus quel âge tu auras, nous ne savons pas quelle aura été ton histoire, ton ethnie, tes envies, tes goûts, ni même si tu seras une fille ou
un garçon.
Nous ne savons juste qu'une chose, nous t'aimons, nous t'attendons...Mais et toi?
Oui, toi? Que souhaiterais tu toi?
Celles et ceux qui t'auront élevé avant notre arrivée, tes nounous, te parleront de nous comme tes "parents", mais pour toi, c'est quoi au juste un parent? Auras tu fait connaissance de ceux qui
t'auront conçu?
auras tu l'âge de comprendre certaines choses, comme l'incohérence des mots que l'on te dira.
Car finallement, nous serons tes parents, oui, et quentin sera ton frère, d'accord, mais alors qui auront été non seulement ceux qui t'ont conçu, et tes nounous?
On ne pense à l'adoption qu'à ce moment magique -pour nous- qui sera celui de ta rencontre, ou te regarder dormir dans le lit que nous aurons gentiment décoré pour toi, sans vraiment savoir si tu
aimeras ou pas, mais qu'importe, nous sommes tes parents et savons pour toi ce qui est bien ou beau.
Mais au fond, est ce que ce sera pour toi aussi beau que nous le pensons pour nous?
Lors de notre dernière rencontre avec les assistantes sociales, elles nous avaient expliqué quel était leur but, à savoir notre enquête sociale, mais aussi pour nous accompagner dans la démarche de
l'adoption , mais aussi peut-être nous faire évoluer dans notre vision de l'adoption.
Papa avait dit "être parent, ce n'est pas seulement copuler derrière l'église, c'est élever un enfant".
Oui, il a raison, dans un sens...à mon sens.
Parce qu'aujourd'hui, je me pose des questions.
Non pas celle de savoir si on doit faire ce chemin jusqu'à toi ou non, parce que ça c'est une certitude, nous le ferons, et nous y acharnerons mais ce chemin ne sera pas si simple, et ce
n'est pas qu'une question de papier, ou de dossier mais de coeur.
Mon coeur, et celui de toute la famille qui t'attend, t'est ouvert, en grand, mais le tien?
Nous n'arrivons pas en "grand seigneur", nous ne venons pas te sauver, nous sommes trop égoïste pour ça, nous te désirons, pour satisfaire notre envie, notre mal d'enfant, de second enfant.Et
c'est la même chose quand il s'agit de décider de concevoir un enfant.
C'est là où les choses se ressemblent quant à ta venue ou celle de quentin et lilou, nous vous avons désiré et nous avons tout mit en oeuvre pour vous avoir.
Là où les choses diffèrent, c'est comment.
Comment nous allons t'expliquer pourquoi nous avons été jusqu'à toi.
Comment nous voulons faire partie de ta vie à part entière en tant que parents, de coeur, et pas de chair.
Comment toi, tu voudras nous accepter.
Parce que finallement cette adoption n'est pas seulement la notre envers toi, ce soir, ce qui me fait peur, c'est si toi, tu nous adopteras...
Par magelitin
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Publié dans : Vers toi...
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